Devenir maman à 100% : sauter le pas

thumb_IMG_7946_1024Décider de m’arrêter de travailler a été une des décisions les plus importantes de ma vie. J’ai eu la chance d’avoir cette opportunité au moment de la mutation du Chou de Rouen vers Le Mans. M’arrêter de travailler, l’idée ma plaisait beaucoup ! Mais m’arrêter de travailler pour m’occuper de mes enfants, je n’étais pas certaine que cela me plairait. Etais-je consciente au moment de prendre ma décision de ce qu’était la vie des mamans à 100% ? M’étais-je posée les bonnes questions ?

Avec maintenant 2 ans de recul, les bonnes questions sont selon moi :

  • Est-ce le bon moment ?

Ce dont j’étais sûre c’est que si je voulais le faire c’était le bon moment : 32 ans, 2 enfants en bas âge et le projet d’en faire un(des) autre(s), un mari investi et passionné par son travail, plus que moi. Le moment de faire un break, profiter de mes chouchous, mettre à plat mes acquis, mes compétences et mes envies était idéal.

  • Quelles sont les raisons pour lesquelles je veux arrêter de travailler ?

« Si j’arrêtais de travailler, je serai tellement contente ! Plus de stress qui m’empêche de dormir, plus de blues ni de larmes du dimanche soir, plus de course au quotidien entre le boulot, la nounou, la maison etc… » Je me répétais ça très souvent. Je voulais donc arrêter de travailler pour quitter le stress du travail et devenir plus sereine pour mon bien-être et pour celui de ma famille.

Mais je ne me suis pas beaucoup posé la question : est-ce que m’occuper de mes enfants me plairait ? Est-ce que je serai satisfaite d’avoir pour réalisation quotidienne le soin de mes enfants uniquement ? Je dois avouer que je le désir d’arrêter de travailler était un peu plus fort que le désir profond de m’occuper d’eux.

Je pense que c’est pourtant LA question à se poser.

  • Suis-je consciente de ce que je quitte ?

Avant de prendre la décision d’arrêter de travailler, j’avais biensûr les cotés les plus négatifs du travail en tête : stress, pression, blues du dimanche soir, collègue insupportable etc… J’ai toujours trouvé mon compte dans mon travail par mon investissement, mon goût du résultat, mes retours positifs de mes supérieurs, ma rémunération mais depuis un petit bout de temps, le compte n’y était plus tellement. Je me disais que ce que je faisais n’était pas une passion pour moi et ça me dérangeait beaucoup.

Mais travailler n’est pas uniquement effectuer des tâches, atteindre des résultats, recevoir un salaire. Travailler c’est aussi avoir des relations sociales avec ses collègues et créer des amitiés. C’est atteindre des objectifs et en être fier. C’est se remettre en cause chaque jour et relever des challenges. C’est avoir une situation sociale et un statut à l’extérieur. Tout ceci peut sembler des grands mots vides de sens mais quand on ne les a plus, on prend conscience de leur importance.

  • Suis-je consciente de ce que je vais trouver ?

Au début de la réflexion, contrairement à la question précédente, on voit surtout le positif de la situation : je vais profiter de mes enfants, les voir grandir, je vais avoir le temps de faire les choses sans courir et je n’aurai plus ce stress qui viendra polluer mon esprit et gâcher ma disponibilité. (En vrai,  il y en a bien d’autres des points positifs mais je les détaillerai dans un autre article ;-))

Il y a aussi cette importance que l’on prend aux yeux de nos enfants : nous devenons la référence pour eux. Nous devenons leur modèle, nous sommes celui/celle qui fixe les limites, nous devenons responsable de leur éveil. C’est une responsabilité ENORME que l’on prend sur nos épaules. Je ne m’étais pas vraiment demandée si j’étais prête à assumer ça.

Et puis il y a cet isolement social qui se met à exister : passer des journées à n’avoir pour interlocuteur que des minipouces, ne plus avoir les mêmes horaires que ses amis qui travaillent et donc plus les même disponibilités pour les même choses et ne plus avoir vraiment de statut « digne de ce nom » en société lors des rencontres entre adultes. Il y a plein de remèdes à cela, que l’on se rassure, mais cet isolement existe bien !

  • Suis-je certaine de trouver un équilibre familial satisfaisant ?

Il y a cette autre question importante que je ne m’étais pas posée avant de me lancer : est-ce que j’ai assez confiance en moi pour assumer ma décision ? Est-ce que je me sens assez accomplie professionnellement ? Est-ce que je suis consciente de ce que je vaux ? Est-ce que je me suis suffisamment prouvé à moi-même ce dont je suis capable professionnellement pour arrêter de travailler sereinement sans être frustrée et ni aigrie dans mon nouveau rôle de maman à 100% ?

Quand on arrête de travailler, on quitte aussi l’indépendance financière. Je pense donc qu’il ne faut pas être attaché à ça et qu’il faut être à l’aise avec le sujet soi et son conjoint pour que ça ne pose pas de problème à long terme.

Arrêter de travailler change radicalement le rythme et l’équilibre de la famille, en mieux en théorie ! Mais je pense que c’est un choix qu’il faut faire en accord avec son conjoint. Je pense qu’il est très important que celui-ci nous soutienne et soit lui-même convaincu que c’est une bonne décision. S’il n’est pas sur la même longueur d’ondes, alors cet équilibre risque de ne pas être atteint et cette nouvelle vie pourrait devenir un poids.

  • Et financièrement ?

Cette question est propre à chaque foyer.

Juste une chose qui m’est très personnelle mais que je souhaite partager ici : devenir maman à 100% ne signifie pas devenir aussi la femme de ménage, la cuisinière et la repasseuse du foyer et donc supprimer les frais de ménage qu’on pouvait avoir auparavant. Devenir Maman à 100% signifie pour moi consacrer mon temps à mes enfants. Il est difficile d’être disponible à chaque moment de la journée parce qu’on doit se partager entre les frères et soeurs, parce qu’il faut faire tourner l’organisation quotidienne entre école, sorties, repas, siestes etc… Si ce temps que je leur accorde et que je souhaite être de qualité devient consacré en même temps au ménage, au repassage ou autre tâche ménagère, je considère que ce temps n’est plus de qualité.

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Devenir maman à 100% est pour moi un engagement entier et profond de chaque instant. Il nécessite des sacrifices mais il génère des bienfaits impensables. J’ai lu quelque part que la vie était faite de saisons. Ma saison de maman à 100% est ouverte depuis 2 ans déjà et elle me comble. C’est une période de ma vie que j’ai choisie, je ne sais pas quand la saison prochaine commencera et sonnera la fin de celle-ci ni de quoi elle sera faite. Mais qu’importe, je ne sais même pas encore de quoi sera complètement faite celle-ci, et c’est chouette !

Je trouve les mots de Cécile Moreschi, rédactrice de Canal Vie, très justes, pour conclure :

« Sachez que personne à part vous ne sait ce qui vous convient le mieux. Vous souhaitez être une mère au foyer? C’est une option parfaitement envisageable, à condition de s’en donner les moyens. Ne vous bornez pas à écouter les avis extérieurs pour prendre votre décision, car c’est en vous-même que vous trouverez la solution. Pendant des siècles, les femmes se sont épanouies (oui, oui) en remplissant leurs rôles de mères et d’épouses. Ce n’est pas parce que la société a changé que toutes les femmes ont changé… Soyez réalistes et pesez bien le pour et le contre, mais n’hésitez pas à poursuivre votre rêve, même si celui-ci semble déroger à la norme. »

5 réflexions sur “Devenir maman à 100% : sauter le pas

  1. Emma & Eva Diary dit :

    C’est un choix personnel effectivement. Moi je voulais travailler et mon conjoint n’était pas d’accord. Je ne regrette pas d’avoir garde ma fille jusqu’à son entrée à l’école. Mais j’aurais souhaité que mon compagnon respecte mon choix.

  2. Cordonnier dit :

    Bravo pour cette réflexion dans laquelle je me retrouve complètement . Je constate que les mamans de nos jours rencontrent les même interrogations que nous mamans des années 80 à l’époque où nous étions si fières et empressées d’accéder à des fonctions professionnelles, évolutives et hiérarchiques. Devenir maman à 100% , choix humble et personnel mais qu’il est préférable de réfléchir avec son conjoint afin que chacun y trouve son épanouissement. Moments privilégiés et inoubliables avec les enfants qui scellent les fondations familiales et l’équilibre de chacun. Merci Caroline pour ces échanges que je lis avec grand plaisir.

  3. Andrea dit :

    Bonjour, et merci pour ton intéressant texte ! Seule réserve : les mamans qui travaillent sont aussi « mamans à 100 % »…

    • Caroline dit :

      Merci pour ton commentaire, un peu clivant il faut l’avouer. Le terme Maman à 100% que j’utilise ici signifie à 100% de mon temps par opposition à rien du tout car TRES TRES loin de moi l’idée de créer un N-ième conflit entre mères au foyer et mères qui travaillent. Je ne juge aucune des 2 situations et je pense que tu ne trouveras pas ici de mots qui pourraient le laisser penser. J’y apporte une attention particulière. Ton commentaire aura peut être permis de clarifier les choses et je t’en remercie encore une fois ! A bientôt Andrea !

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