Arrêter de travailler – Réflexion

IMG_6493Cela fait maintenant un peu plus de 2 ans et demi que j’ai arrêté de travailler si je compte mon congé maternité pour Jacquot après lequel je n’ai jamais repris. L’audit et les journées de travail à rallonge ne me semblent pas si loin. Je me sentirai presque capable d’y retourner demain s’il le fallait ! Je pense que les enfants s’adapteraient très bien à ce nouveau rythme de vie que la Tog a connu et que Jacquot découvrirait. Les enfants sont toujours beaucoup plus adaptables que ce qu’on imagine, j’en suis convaincue.

Pourquoi j’écris ça ? A 1 mois d’accueillir notre 3ème enfant dans notre famille, je m’imagine reprendre le travail, c’est bizarre !! J’ai en ce moment cette réflexion sur les femmes qui arrêtent de travailler, la façon dont elles voient les choses et la façon dont elles sont vues.

Il existe beaucoup de réflexions ces dernières années sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Il semble aujourd’hui clair que la réussite de la vie personnelle d’une femme est largement prise en compte dans ses choix de carrière voire de non carrière. Encore plus depuis que l’on a affaire à des femmes de la génération Y, qui arrivent donc à la trentaine, fondent ou non une famille et font des choix réfléchis et muris. De multiples études montrent que les femmes (mais aussi les hommes en proportion bien moins importante certes, on peut le souligner quand même) de la génération Y ne sont pas prêtes à sacrifier leur vie personnelle pour une brillante carrière. Elles sont même plutôt prêtes à lever le pied pour trouver un épanouissement dans les 2 domaines voire privilégier uniquement le domaine de la vie perso. Le fait est là et les études le montrent de façon scientifique.

Peu de réflexions sont encore menées sur ceux qui arrêtent de travailler (hommes ou femmes mais principalement les femmes toujours). Alors évidemment le choix d’arrêter de travailler a un impact important sur le niveau de vie de la famille. J’ai cette réflexion parce que j’ai l’immense chance de pouvoir me permettre d’arrêter de travailler sans que les besoins vitaux de notre famille ne soient touchés. Certains décident d’arrêter malgré les conséquences financières, c’est un choix de changement de vie complet.

Attention, mon propos n’est SURTOUT pas d’apporter une jugement sur un choix ou l’autre, sur cette génération ou celle de la génération précédente. Le contexte de ces 2 générations est très différent : les femmes de la génération des baby-boomers se sont battues pour que leur place au sein de la vie en entreprise soit reconnue à tous les échelons, même les plus hauts. Nous ne sommes pas encore au bout du chemin partout mais notre génération à nous peut se payer le luxe de choisir l’équilibre vie pro/perso car des acquis ont été mis en place depuis.

Mon choix à moi a été une opportunité. A un moment où je me posais beaucoup de questions sur la passion que j’avais ou n’avais pas dans mon travail, j’ai eu la chance de pouvoir tout mettre à plat. Parce que je n’ai jamais identifié plus tôt une passion qui m’animait, je crois que j’ai fait des études généralistes qui me permettrons de m’adapter aux besoins dans ma vie future. Malgré mon éducation qui met en avant la valeur courage en ce qui concerne le travail, et après avoir énormément travaillé, animée parfois uniquement par ce courage, je suis aujourd’hui persuadée qu’on est plus performant et plus heureux quand on fait ce que l’on aime vraiment. Le courage en est décuplé !

J’ai donc décidé d’arrêter de travailler pour mettre tout ça à plat et trouver ce que j’aime vraiment. Comment ça toi ? Caroline ? La working-girl orgueilleuse et carriériste tu t’arrêtes de travailler ? Ce n’est pas possible, ça ne va pas durer, tu ne survivras pas à la maison !! Bah ça fait un peu plus de 2 ans et demi et ça va je crois. Nous allons même ajouter un enfant à la famille pour corser un peu le tout !

La construction de notre famille, c’est quelque chose qui me tient très à coeur et pour lequel j’aime y consacrer du temps et de l’énergie. Comme je l’ai déjà dit, il y a aussi ce blog et mes cours de décoration d’intérieur qui m’aident à chercher ce que j’aime vraiment.

Je comprend la réaction des gens qui sont étonnés et pensent que mon choix ne correspond pas à ma personnalité. J’ai effectivement une part d’orgueil importante et la position sociale de la mère au foyer que je suis aujourd’hui peut induire des questions c’est vrai :

  • être maman à plein temps ne se résume pas à faire de bons petits plats à chaque repas, surtout pas , heureusement pour moi !
  • être maman à plein temps, c’est avoir l’entière responsabilité de l’éveil et de l’éducation de ses enfants : c’est avec nous qu’ils apprennent les limites, et c’est nous qui punissons, répétons 1000 fois les même choses et recommençons chaque jour encore et encore, je ne dirai pas inlassablement …! Je n’avais vraiment pas le sentiment d’avoir cette responsabilité si importante pour la Tog quand je travaillais.
  • être maman à plein temps c’est aussi répondre aux gens que l’on rencontre pour la première fois et qui nous demandent ce que l’on fait dans la vie, parce que l’on fait dans la vie nous définit aujourd’hui : « Je m’occupe de mes enfants ». Et puis parfois voir un changement de sujet de conversation arriver directement ou un détournement vers une autre personne. Je peux très bien le comprendre, une mère au foyer c’est pas passionnant, ça nous apprend pas grand chose sur la personne et c’est pas impressionnant non plus.
  • être maman à plein temps, c’est rester discuter avec les autres mamans à plein temps devant l’école le matin, pas parce qu’elles n’ont rien d’autre à faire comme je l’ai beaucoup entendu, parce qu’elles n’ont pas la vie sociale avec les échanges, l’impression être utile à d’autres et la confrontation avec leurs limites qu’un travail en entreprise peut apporter. Parce qu’un travail en entreprise reste un terrain privilégié pour l’accomplissement de soi.

Etre maman à plein temps est aujourd’hui je pense un choix identitaire fort qui est souvent incompris et donc qui suscite des critiques.

Passer de travailleuse convenue à maman à plein temps me permet de redéfinir ma vie avec les priorités que j’ai choisies. Je suis consciente que j’ai une immense chance de pouvoir le faire à ce moment de ma vie. C’est un choix difficile que j’ai fait parce qu’il me met en marge de beaucoup de choses auxquelles j’étais attachée mais il n’est pas donné à tout le monde de choisir ce que l’on aime vraiment. Cerise sur le gâteau, il me permet de profiter d’instants privilégiés avec mes enfants, ce que je tente d’immortaliser sur ce blog parfois !

Les articles que j’ai trouvé intéressants dans ma réflexion : Le Figaro Madame et Psychologies

14 réflexions sur “Arrêter de travailler – Réflexion

  1. poulattitude dit :

    Tres bel article et une reflexion qui me touche beaucoup.
    Perso, j ai aimé mes quelques courtes périodes de mère au foyer, mais jamais reussi à assumer ce coté « bonniche » que me donnait la société, ni réussi à trouver une existence sociale en dehors du travail… J avais vraiment besoin d une reprise au bout !

    • Caroline dit :

      Merci Anais ! Comme je te comprends, cette position sociale est beaucoup plus compliquée que je ne m’imaginais.

  2. Veau Katia dit :

    Bonjour

    Je viens de lire votre article et je l’ai trouvé tellement vrai, moi aussi j’ai arrêté de travailler pour mes 3 enfants , bon ça commence à faire un moment mon grand à 18 ans , mon deuxième à 14 ans bientôt et ma dernière 10 ans. j’en ai bien profité d’eux et de moi aussi (je dois être un peu égoïste ) . En effet le regard des autres est impitoyable, même au sein de ta famille , on ne comprend pas notre choix. Mais la seule chose qu’il faut faire c’est ce qu’on veut et le regard des autres ne doit en aucun cas nous faire changer notre choix de vie. AUjourd’hui je ne travaille pas mais pour des raisons de santé et je pense que reprendre un jour sera surement compliqué. AUjourd’hui mes enfant sont grands ont ont moins besoin de moi , je m’occupe énormément , j’ai beaucoup de mal à ne rien faire, je suis bénévole et je fais beaucoup de choses avec mes mains. (Par curiosité vous faites ou votre formation de décoratrice? Parce que moi aussi je suis à cote du Mans)Pour en revenir au sujet, je ne regrette pas mon choix et quand je vois aujourd’hui mes enfants je pense vraiment que nous avons réussi à en faire des êtres bien. Le choix de travailler ou non nous appartient et surtout n’appartient pas aux autres. Bonne journée. Katia

  3. annie dit :

    c’est un article très intéressant. la réflexion sur travailler ou non. pour ma part, j’ai beaucoup travaillé, sur le projet des autres, en tant que salariée, freelance. je suis connue pour être une bosseuse consciencieuse (le syndrôme de la bonne élève) mais en réalité, je déteste travailler pour les autres.
    j’adore faire des choses pour moi même, qui me grandissent intellectuellement et socialement, et si cela profite aux autres ok. mais je ne voudrais plus jamais servir le compte des autres si je n’ai pas un intérêt intellectuel. l’intérêt pécuniaire ne suffit plus (j’économise beaucoup, je vis de façon frugale, pour ne pas être dépendante de l’argent)

    • Caroline dit :

      Merci pour votre commentaire Annie ! Votre choix semble très réfléchi et assumé. C’est ça qui mène au bonheur et à l’équilibre dans sa vie je pense !

  4. Marion dit :

    Intéressantes réflexions que j’ai aussi. De mon côté j’ai même aussi le sentiment inverse (« comment, tu travailles à plein temps avec 2 enfants? Comment fais tu? »). J’ai vraiment subi le travail de ma mère (qui avait beaucoup de boulot et 5 enfants). Je ne veux pas travailler autant. Et en même temps je n’ai pas le courage d’être maman à plein temps non plus 🙂 Du coup je laisse le boulot (pas de carrière) et aussi la maison (mais quand même les horaires). Avec l’impression que cette réflexion ne concerne que les mères (personne n’a demandé à mon mari pourquoi il ne prenait pas un 4/5e… Bizarre). Et que même si on essaie de faire bouger les choses (mon mari a pris un congé parental pour notre première) on retombe trop vite dans les schémas de pensée classique. Difficile de faire à contre-courant, difficile aussi de penser par soi même, sans être influencée. Mon mari voudrait être papa à temps plein mais MOI je n’arrive pas à le laisser gérer tout cela. Que de contradictions…

  5. happymarylou dit :

    Très beau témoignage. A l’heure où je me pose mille questions sur mon avenir professionnel, je me suis aussi posée cette question. Je ne suis pas prête à passer le pas. Pas uniquement pour la reconnaissance sociale, mais aussi car s’occuper des enfants toute la journée est parfois pour moi une épreuve fatiguante. C’est peut etre difficile à l’avouer mais comme tu le dis, éduquer c’est une lourde responsabilité. Tu sembles heureuse de ce choix et c’est génial! Profite profite!

  6. Mamipat dit :

    Finalement rien ne change , le regard sur la maman qui élève ses enfants n évolue pas !!!!!!
    J ai aussi aimé eleve mes trois enfants qui sont maintenant bien grands et qui me rendent fière d’avoir passer mon temps avec eux, d avoir pu de les emmener partout découvrir des milliers de choses .
    Je te félicite Caro d avoir su mettre prendre une décision pas facile mais qui me rend maintenant une mamipat très fière des ses petits enfants…..Boujoux

  7. Esther Show dit :

    Merci pour ce magnifique témoignage. Tu as entièrement raison de profiter de ces instants qui ne se renouvelleront pas. Passe une belle et heureuse journée et toutes mes félicitations pour la venue du troisième. Bises

  8. Lisa - iamladyrider dit :

    C’est très difficile d’expliquer aux autres la vie d’une maman à plein temps. Personnellement, j’ai beau expliquer que je m’occupe de mon fils et que je fais des études par correspondance, j’entends toujours de la bouche d’amis, ou non, que je ne fais « rien en ce moment »

  9. Farinedetoiles dit :

    J’ai beaucoup aimé te lire…je me pose de questions à ce sujet…nous vivons depuis quelques mois à l’étranger et j’ai quitté mon travail pour suivre mon chéri avec notre petite troupe…sans regret, je trouve qu’il y a un calme certain à rester à la maison, on retrouve une forme de douceur de vivre (tout en étant très occupé par les marmots et le quotidien aussi!!) que pour ma part, j’avais un peu perdu en travaillant et en ayant souvent l’impression d’être un brave petit soldat qui accomplit juste tout un tas de taches…mais c’est vrai que je reprendrais bien une vie professionnelle quand même…le mi-temps ? la solution ??! C’est vrai que la société est assez dure avec les femmes au foyer…à l’étranger, ça va, tu as une excuse…mais en France, c’est un vrai choix!! Bonne soirée!

  10. callyxi dit :

    Merci pour ta réflexion !

    Caroline, maman et au Mans également… 😀 et cette question qui revient périodiquement… Je suis heureuse avec mes deux loulous, même si il a fallut un temps d’adaptation, maintenant j’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé un équilibre, et je crois que je suis plutôt épanouie…Haha. Reprendre le travail ? Mon mari ne me le demande pas, et j’ai aussi la chance de pouvoir choisir. Souvent je l’en remercie et puis il y a ces fois …ces discutions qui me laisse un gout amer… Moi qui voulait être médecin, moi qui ai pu rentrer à la Sorbonne.. Voilà bien mes seuls trophées… Quand à la question « et toi tu fais quoi ? » Je me vois parfois répondre… « je ne fais rien. J’ai fait un choix. » Dans une famille également où l’on se définit par son travail. Où bien encore lorsque mon mari me parle de ses problématiques, de son travail, et que j’aimerais y participer… C’est parfois difficile.

    Mais en fait j’en suis très heureuse. Et puis je me dis que peut être un jour lointain mon mari aura besoin de moi et eux certainement moins.

    Ta formation par correspondance ce fait où ? Sur quel site ou école ? Si ce n’est pas indiscret.

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