L’éducation par les parents et la discipline positive 2/2

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Suite de ma réflexion sur l’éducation par les parents et la discipline positive.

Je me suis donc lancée dans une formation de 7 séances en 2 mois : un livre à lire et des séances de partage d’expérience, questions et mises en situation.

L’origine de la discipline positive, comme je l’ai compris, est très interessante. Notre société a aujourd’hui évolué et les modèles traditionnels que nos parents et nous aussi avons connus comme le management vertical du chef d’entreprise ainsi que l’autorité verticale du père au sein de la famille ne fonctionnent plus. Un management horizontal et participatif est de plus en plus plébiscité en entreprise. L’évolution du contexte moderne dans lequel évoluent les enfants aujourd’hui et leur génération a aussi participé à une volonté grandissante de ces derniers de faire entendre leurs besoins plutôt que d’obéir et se taire. La discipline positive veut répondre à ce besoin : elle met en avant bienveillance, écoute, respect, encouragement de l’enfant et fermeté. Elle donne aux parents des outils concrets pour s’adapter à cette évolution à laquelle nous essayons tous de faire face avec sérénité ou non.

En effet, ce qui a été très positif dans cette formation, c’est qu’une grande partie de psychologie sur ce qui se passe dans la tête des enfants est expliquée mais une plus grande partie encore est consacrée aux outils qu’il est possible de mettre en place. Des exemples parmi d’autres :

– une manière d’arriver à partager et échanger avec son enfant de façon profonde et vraiment constructive : établir en amont une connexion avec son enfant en le mettant en confiance, dans une situation de confort qui induira son ouverture vers nous.

– une manière efficace et positive de demander la coopération de son enfant : faire établir des règles PAR lui pour que les étapes importantes du quotidien (repas, bain, préparation du matin…) se passent bien et en règle générale lui demander ce qu’il faut faire plutôt que de lui ordonner les choses (parce qu’en fait il sait très bien intérieurement ce qu’il faut faire avant de sortir, au moment de se coucher etc…).

– une aide pour reconnaitre les besoins de son enfant en traduisant les attitudes les plus reconnaissables chez lui : un affrontement systématique traduit souvent un besoin de pouvoir qu’il faut donc assouvir en lui donnant des choix, une attitude qui vise à accaparer l’attention que l’on peut canaliser en l’impliquant et en lui donnant des responsabilités par exemple…

– un temps d’échange en famille régulier pour prendre le temps de se dire merci, de se dire que l’on s’aime et de s’écouter mutuellement en donnant autant de place à l’enfant qu’au parent pour résoudre des problèmes si nécessaire.

La discipline positive prône aussi une suppression progressive de la punition, se demandant pourquoi un enfant devrait-il commencer par se sentir mal pour adopter un comportement approprié. Elle encourage à demander pardon à notre enfant quand nous perdons patience et que nous ne réussissons pas à agir de la meilleure façon. De manière plus globale, la discipline positive incite à l’encouragement de l’enfant dans toutes ses dimensions.

Alors ça marche ? Tu cries moins ? Et bien j’étais plutôt sceptique mais ça a super bien marché pour les petits trucs de la vie quotidienne !! Je donnais moins d’ordres unilatéraux, je réussissais à m’énerver moins rapidement, je lâchais du leste sur certaines lubies que j’ai fini par juger sans importance et les enfants coopéraient mieux. Mais cela me demandais et me demande toujours des trésors de patience et d’auto-contrôle. Parce que parfois il faut aller vite et il n’y a rien de plus rapide que de donner la liste des choses à faire, parce que parfois, souvent, on est fatiguée et on n’a plus la ressource en fin de journée par exemple de prendre le temps d’expliquer, de connecter, de patienter. Parce que parfois on n’est pas très bien soi-même et il est difficile de se consacrer au bien-être des autres même de ses propres enfants…

Alors la discipline positive insiste sur la nécessité de bienveillance envers soi-même : comme je le dis souvent, si je ne suis pas heureuse je ne pourrai pas réussir à rendre mes enfants heureux. C’est pareil pour la discipline positive : il est indispensable de faire son possible pour se sentir soi-même bien et avoir de l’énergie pour pouvoir utiliser les outils et les principes de ce concept au mieux et le plus efficacement possible. Ca passe par trouver du temps juste pour soi,  des moments pour se ressourcer et/ou se défouler, exprimer ses propres besoins à sa famille, etc…

Ce que je pense avec la vision de ma petite expérience, c’est que le concept de discipline positive est très attirant, respectueux pour l’enfant et le parent, j’en partage la plupart des principes. En pratique, c’est pour moi très très très exigeant envers le parent. La bienveillance envers soi-même aide mais ne compense que partiellement le travail de fond colossal à accomplir par le parent. Mettre en place la discipline positive chez soi, c’est donc pour moi un très beau travail sur le long terme, un long chemin ponctué de petites et grandes victoires, de grands découragements aussi. Vouloir tout mettre en place d’un coup est trop ambitieux. J’ai vu quelques améliorations au sein de ma famille, un certain apaisement chez moi et c’est déjà très positif !

J’ajouterai à mon témoignage le fait que nous étions dans mon groupe de formation 12 femmes et 1 seul homme venu en couple. Pour des raisons de coûts certains, il est compliqué de faire participer les 2 parents à cette formation et c’est dommage mais c’est un fait économique. Les mamans, et pas les papas, étaient les plus nombreuses. Ce fait là, malgré l’évolution importante de notre société n’a pourtant pas changé ! Je pense qu’il est important que l’autre parent (si on a cette chance qu’il y ait un autre parent) s’implique aussi dans ce concept de discipline positive pour que les principes soient encore mieux transmis et qu’il y ait un cohérence à la maison. Lire le livre est déjà un très bon commencement.

En conclusion, la discipline positive c’est super difficile mais c’est un bel objectif !

Pour plus d’info sur la formation que j’ai suivie, voici le lien vers la page Facebook de l’association Discipline Positive en Sarthe.  Il existe plein d’autres associations sur le même principe en Sarthe et partout en France et dans le monde d’ailleurs 😉

3 réflexions sur “L’éducation par les parents et la discipline positive 2/2

  1. MilieN dit :

    Caroline, je viens de lire ton article sur le livre de Jane Nelsen (2/2) bravo pour ta synthèse! Cela m’a permis de me faire une petite piqure de rappel sur ce livre que j’ai fini de lire cet été (je voulais aussi trouver des astuces pour la classe comme le TEC;-). Je l’ai trouvé très intéressant notamment surla psychologie de l’enfant. Il y a des boîtes à outil bien faites à chaque fin de chapitre peuvent aider à l’appropriation des idées développées.

    • Caroline dit :

      Merci MilieN ! Tu sais qu’il existe le livre de Jane Nelsen consacré à la Discipline Positive en Classa justement ? Est ce que c’est celui-là que tu as ? A bientôt ici !

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